Ces prédateurs de l'Internet qui chassent de jeunes proies (1/2)
PAR SAMUEL COGEZ
Un simple coup d'oeil vous permet de surveiller les fréquentations de vos enfants lors d'un tchat.
PHOTO CHRISTOPHE LEFEBVRE
Les prédateurs du Web. On en entend parler, pourtant aucune statistique n'existe à ce sujet. Internet est un formidable outil de travail et de rencontres, mais il faut être prudent, surtout quand il s'agit de vos enfants. Laurent Frappart, gendarme spécialisé dans les nouvelles technologies, nous livre ses conseils. Sans tomber dans la psychose.
Les prédateurs du Web, sujet maintes fois abordé et répété à nos enfants. Pourtant, selon Laurent Frappart, des enfants en sont victimes quotidiennement. Cette persistance a une raison simple : chaque jour, des enfants non informés et/ou non accompagnés deviennent de nouveaux internautes.
Le mythe de l'inconnu dans la rue doit perdurer, selon le gendarme. Ces inconnus sont désormais sur le Net car les enfants d'aujourd'hui passent autant de temps à surfer qu'à jouer à l'extérieur.
Quand on parle de prédateur, soyons clair, c'est lorsque l'enfant est réduit à l'état de proie dans le jungle de l'Internet. Les prédateurs sont de fervents utilisateurs qui se forment et s'entraident même parfois à maîtriser l'outil qui va leur permettre d'assouvir leur perversion. Ils connaissent les arcanes des forums, messageries instantanées et autres réseaux sociaux.
Odieux chantage
La technique consiste dans un premier temps à approcher l'enfant et à le mettre en confiance. Les gendarmes appellent ça le grooming . Le prédateur se place dans la peau d'un enfant ou d'un adulte bienveillant à l'écoute de l'enfant visé.
L'approche se fait par le biais des forums, blogs et réseaux sociaux, espaces où l'enfant communique un nombre important d'informations à son insu car trop heureux de pouvoir les communiquer à ses proches ou de rassembler auprès de lui d'autres ayant des traits communs.
Une fois l'enfant « accroché », le prédateur l'emmène dans de longues discussions sur des tchats privés ou par le biais de messageries instantanées.
Lors de ces échanges, il le mettra en confiance, le fera parler, tentera de le séduire et l'amènera à se confier ou à transmettre des informations plus que confidentielles (mal-être, images dénudées).
C'est alors que le piège se met en place. Le prédateur passe au chantage. Les éléments recueillis lui permettent de connaître amis, parents, établissement scolaire et autres informations pour faire pression sur l'enfant et le rencontrer, obtenir des faveurs sexuelles, directes (relations) ou indirectes (images poussées). Les enfants ainsi piégés se retrouvent dans une situation inextricable qui ne leur permet pas de refuser ni de l'avouer à leurs parents. La rumeur possible et la honte l'empêchant de révéler son état de victime.
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